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Port-L’Ardoise : vers une nouvelle gestion, pour mieux exploiter le potentiel logistique

Le territoire et sa vie économique
26 juillet 2021

L’activité du port de Laudun-L’Ardoise s’est réduite, après la fermeture de l’usine ArcelorMittal, il y a une quinzaine d’années. A partir de 2023, la Compagnie nationale du Rhône va récupérer la gestion globale. Un schéma de développement du transport fluvial va être impulsé par VNF le long du Rhône.

L’exploitation de Port-L’Ardoise  est scindée en deux. Une première partie, sur l’emprise contrainte du port (6 hectares, pour 60.000 tonnes par an), est exploitée par quatre conventions d’occupation temporaires (COT) attribuées par VNF, et une seconde, un quai public avec une rampe roll on/roll off, est gérée par la CNR (Compagnie nationale du Rhône), dans le cadre de la concession du Rhône. Y transitent chaque année quelque 120.000 tonnes de houille et de quartz en provenance du port de Marseille, via l’industriel Ferropem. En termes de domanialité, ce port fluvial gardois est aussi scindé entre deux régions, l’Occitanie et Sud.

Sur le port, les quatre COT ont été attribuées depuis fin 2019 et jusqu’à fin 2023 à LafargeHolcim (granulats acheminés pour la centrale à béton située à côté), MPTF (entretien et réparation navale), Giocanti Multimodal (bureaux) et à VNF pour le Port 2 (plaisance).

Un schéma de développement du transport fluvial 

Pour mettre de l’ordre dans cette gestion complexe, VNF entend instaurer une gestion unique par la CNR à partir de fin 2023, à la fin des quatre COT. « Il y a une concurrence entre les deux espaces, indique Benjamin Fauveau, chargé de mission développement transport pour les Régions Sud et Occitanie à VNF. La séparation de gestion des deux sites ralentit le développement. Avec un seul gestionnaire, on pourra agréger les volumes, baisser les coûts en entretien et d’outillages… »  

VNF va par ailleurs lancer un marché public en octobre, relatif à l’élaboration d’un schéma de développement du transport fluvial entre Bollène et la Méditerranée. « Les potentiels de développement du port vont être étudiés par les différentes parties : CNR, agglomérations, Régions Occitanie et Sud, ports de Sète et de Marseille », précise Benjamin Fauveau.

Mais le port va manquer une opportunité foncière de 60 hectares. Ce terrain, au sud du port, situé sur l’ancien site Ugine-ArcelorMittal, va en effet recevoir l’implantation d’une plateforme logistique de Gifi.  L’agglomération du Gard rhodanien a acté en avril dernier ce projet. S’il créera plusieurs centaines d’emplois, le site sera quasi exclusivement dédié au transport routier, et ne jouera donc pas sur le potentiel multimodal (fer-fleuve-route) spécifique à Laudun-L’Ardoise.

Jean-Marc Rouméas : « Il est regrettable que la Région Occitanie n’ait pas mis la main sur cet outil logistique stratégique » 

Concernant l’avenir du port, Jean-Marc Rouméas (travaux publics, démolition, terrassement, carrières ; Logistique pour le nucléaire, gestion de déchets, opérations de manutention, 140 salariés), basé à Laudun-L’Ardoise et connaisseur de cet outil portuaire, estime que la grue est désormais obsolète, et qu’il faudrait développer le trafic de containers. « Une étude s’impose, pour identifier des utilisateurs potentiels. Nous comptons être un acteur dans le transport fluvial. » Il regrette que la Région Occitanie n’ait pas mis la main sur cet outil logistique, à la gouvernance aujourd’hui peu lisible, entre LafargeHolcim, VNF et CNR. « Avec ses capacités électriques et gazières, et sa trimodalité fluviale, route et fer, Port-L’Ardoise est la plateforme logistique la plus importante sur le Rhône entre Marseille et Lyon ! », conclut-il.  

 

 

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